Nouvelles

Retour aux nouvelles
 
Certains antidépresseurs sont associés à une diminution du risque d’AVC
Une nouvelle étude dirigée par la docteure Christel Renoux, épidémiologiste à l’Institut Lady Davis de l’Hôpital général juif, a démontré que certains inhibiteurs sélectifs du recaptage de la sérotonine (ISRS), ainsi que d’autres antidépresseurs qui augmentent le plus les taux de sérotonine dans le cerveau, peuvent être associés à une diminution du risque d’AVC ischémique par rapport aux antidépresseurs qui augmentent le moins les taux de sérotonine. L’étude est publiée dans le numéro en ligne du 7 août 2019 de la revue Neurology®, la revue médicale officielle de l’American Academy of Neurology.

Les ISRS sont les antidépresseurs les plus fréquemment prescrits. Un accident ischémique cérébral (AVC) survient lorsque le débit sanguin vers une partie du cerveau est bloqué. La sérotonine est une substance chimique qui transmet les signaux entre les cellules nerveuses du cerveau. Elle est libérée par une cellule lorsqu’elle envoie un signal, puis elle est naturellement réabsorbée dans les cellules. Ces médicaments empêchent les cellules nerveuses de réabsorber la sérotonine, ce qui la rend plus disponible dans le cerveau, dans les espaces situés entre les cellules nerveuses, ce qui améliore la capacité du cerveau à régulariser l’humeur.

« Il n’est pas rare que les personnes atteintes de dépression aient aussi une maladie cardiaque, un facteur de risque d’AVC. Il est donc important de déterminer si les antidépresseurs augmentent ou diminuent le risque d’AVC », a déclaré la docteure Renoux, professeure adjointe au Département de neurologie et de neurochirurgie de l’Université McGill. « Bien que des études sur le risque d’AVC, chez les personnes qui prennent des antidépresseurs par rapport à celles qui n’en prennent pas, aient obtenu des résultats mitigés, notre étude a analysé ces données de plus près encore en examinant le risque d’AVC chez les personnes qui prennent les antidépresseurs qui augmentent le plus les taux de sérotonine par rapport à ceux qui les augmentent le moins. »

Dans le cadre de l’étude, en se servant d’une base de données de plus de 15 millions de personnes au Royaume-Uni, les chercheurs ont identifié plus de 938 000 adultes ayant un âge moyen de 46 ans à qui l’on avait prescrit récemment des antidépresseurs, plus de 868 000 d’entre eux prenant des ISRS et plus de 69 000 prenant d’autres antidépresseurs. Les chercheurs ont suivi les participants à l’étude pendant six ans, en moyenne. Au cours de l’étude, 15 860 personnes ont été victimes d’un AVC. Les participants ont été comparés à 473 712 participants qui n’avaient pas subi d’AVC.

Les personnes qui avaient pris les antidépresseurs qui augmentaient le plus les taux de sérotonine avaient 12 % moins de risques de subir un AVC ischémique que celles qui prenaient des antidépresseurs qui augmentaient le moins les taux de sérotonine. Les antidépresseurs qui augmentaient le plus les taux de sérotonine comprenaient la fluoxétine, la paroxétine et la sertraline, des ISRS, et la duloxétine, un inhibiteur sélectif du recaptage de la sérotonine et de la noradrénaline (IRSN).

Dans l’analyse portant sur l’évaluation du risque d’AVC avec les médicaments qui augmentent le plus les taux de sérotonine, les résultats suivants ont été obtenus : dans un groupe de 2 836 personnes ayant subi un AVC, 2 277 (80,3 %) avaient pris les médicaments qui augmentaient le plus les taux de sérotonine, alors que, dans un groupe de 80 821 personnes qui n’avaient pas subi d’AVC, 66 577 (82,4 %) avaient pris les médicaments qui augmentaient le plus les taux de sérotonine.

Les résultats sont restés les mêmes après que les chercheurs aient tenu compte des facteurs qui pouvaient influencer le risque d’AVC, comme l’obésité, le tabagisme, la consommation d’alcool et l’hypertension artérielle.

« Les résultats de notre vaste étude suggèrent que, comparativement aux médicaments qui augmentent le moins les taux de sérotonine, les antidépresseurs qui augmentent le plus les taux de sérotonine peuvent être associés à une diminution du risque d’AVC ischémique », a déclaré la docteure Renoux. « Mais étant donné que la diminution du risque est faible, nous recommandons aux médecins de choisir des antidépresseurs pour leurs patients en fonction de leur efficacité et de leurs effets secondaires plutôt que du risque d’AVC. »

Une limite de l’étude était que la base de données répertoriait seulement les antidépresseurs prescrits par des médecins généralistes et non par des spécialistes. Toutefois, la docteure Renoux note que les antidépresseurs sont généralement prescrits par les médecins généralistes.

L’étude a été soutenue par les Instituts de recherche en santé du Canada.

Pour les questions des médias et pour planifier des entrevues avec la docteure Renoux, veuillez communiquer avec :

Tod Hoffman
Agent de communications en recherche
Institut Lady Davis
Tél. : 514 340-8222, poste 28661
Courriel : tod.hoffman@ladydavis.ca
Pour

Support research at the Lady Davis Institute - Jewish General Hospital